Entre perception et réalité : l'objectivité avant tout/ El Wely Sidi Heiba

اثنين, 03/08/2026 - 12:18

Une récente tribune publiée sur Alakhbar.info -https://www.alakhbar.info/6a6f5c6bdf3a60000101e23a/-, a entrepris de résumer les sept années de gouvernance du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à quelques difficultés et défis. Cette lecture, pourtant, fait fi du contexte exceptionnel dans lequel ce mandat s’est déroulé et des transformations structurelles engagées sur la période. Les difficultés évoquées ne sont en effet ni propres à la Mauritanie ni spécifiques à son expérience politique mais traversent, à des degrés divers, l’ensemble des États, y compris les économies les plus avancées.

Il est donc essentiel de rappeler que ce septennat s’inscrit dans l’un des environnements internationaux les plus tourmentés de l’histoire récente. La pandémie de Covid-19 a paralysé les chaînes d’approvisionnement et plongé les économies mondiales dans une récession inédite. À cette crise sanitaire s’est ajoutée la guerre russo-ukrainienne, provoquant une flambée spectaculaire des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et du transport, et alimentant une inflation généralisée qui continue de peser sur la majorité des pays. D’autres tensions géopolitiques majeures sont venues aggraver ce tableau, montrant que ces chocs n’ont épargné ni les grandes puissances ni les économies émergentes.

Dans ce cadre, la question centrale n’est pas de savoir si la Mauritanie a été exposée à ces difficultés – puisqu’elles ont frappé l’ensemble de la communauté internationale – mais d’apprécier comment le pays y a fait face, comment il a su préserver ses équilibres fondamentaux et poursuivre sa trajectoire de développement sans compromettre sa stabilité politique, économique et sociale.

 

Au-delà de la résilience démontrée face aux chocs extérieurs, la Mauritanie a engagé un vaste chantier de modernisation dont les effets sont aujourd’hui palpables sur tout le territoire. Des infrastructures routières d’envergure ont été réalisées ou réhabilitées, les capacités de production et de distribution d’énergie ont connu une progression significative, et de grands projets hydrauliques ont renforcé l’accès à l’eau potable. L’agriculture, la pêche et l’élevage ont bénéficié d’investissements majeurs pour consolider la souveraineté alimentaire et stimuler la création de richesse. Parallèlement, les politiques publiques ont permis des avancées notables dans l’éducation, la santé, l’urbanisme et la protection sociale, tandis que la sécurité nationale et la paix civile ont été préservées dans un environnement régional parmi les plus instables du continent.

Réduire cette période à la seule hausse du coût de la vie serait tout aussi réducteur, tant ce phénomène procède avant tout d’une crise inflationniste mondiale qui a frappé indistinctement les économies développées et les pays en développement. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont renforcé les mécanismes de protection sociale, élargi les filets de sécurité destinés aux ménages les plus vulnérables et maintenu un effort soutenu d’investissement public, réussissant à atténuer les effets de la conjoncture internationale tout en préservant la dynamique de développement.

Le président de la République n’a d’ailleurs jamais présenté ce bilan comme une œuvre achevée, rappelant à plusieurs reprises que le chantier des réformes demeure ouvert et que l’administration doit gagner en efficacité, en transparence et en proximité avec les citoyens. Reconnaître que des défis subsistent ne saurait pourtant occulter l’ampleur des réalisations accomplies ni réduire sept années d’action publique à des difficultés qui, précisément, caractérisent aujourd’hui la plupart des économies du monde.

Loin de se limiter à une célébration symbolique, le septième anniversaire de l’accession du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à la magistrature suprême a offert au président du parti El Insaf l’occasion de replacer ce bilan dans son véritable contexte. Il a rappelé qu’il s’est construit au cœur d’une succession de crises internationales sans précédent, tout en mettant en lumière les réformes engagées, les investissements réalisés et les progrès enregistrés dans des secteurs stratégiques, qui constituent désormais des acquis tangibles pour les populations.

En tant que principale force de la majorité présidentielle, El Insaf revendique pleinement son rôle d’accompagnement des politiques publiques et de soutien au projet de transformation porté par le chef de l’État. Il affirme que la défense d’un bilan ne saurait être dissociée d’une exigence permanente d’amélioration de l’action publique. Aussi le parti se déclare-t-il ouvert à toute critique fondée sur les faits, susceptible d’enrichir les politiques menées et d’en renforcer l’efficacité, convaincu que la responsabilité d’une majorité ne consiste pas seulement à défendre les réalisations accomplies, mais aussi à contribuer à leur approfondissement au service de l’intérêt général.

Au-delà des perceptions, souvent influencées par les contingences du moment, l’objectivité commande de replacer toute évaluation dans son contexte et d’apprécier un bilan à la lumière des contraintes auxquelles il a été confronté autant que des résultats qu’il a permis d’obtenir. Si les difficultés évoquées par certains relèvent de réalités désormais communes à la plupart des pays, les progrès réalisés par la Mauritanie durant cette période témoignent de sa capacité à préserver sa stabilité, à poursuivre sa modernisation et à transformer une succession de crises mondiales en opportunités pour accélérer son développement. C’est dans cette perspective, fondée sur les faits plutôt que sur les impressions, que peut être porté un jugement équilibré sur ces sept années d’une gouvernance exceptionnelle.